Selon votre chien

Mon chien est déjà malade : faut-il quand même l’assurer

La réponse honnête tient en deux temps. Non, l’affection en cours ne sera pas couverte, et aucun montage ne changera cela. Oui, il reste souvent rationnel de souscrire, parce que votre chien a encore des années devant lui et que tout le reste sera couvert.

Chien couché dans son panier à la maison recevant un comprimé enveloppé dans une friandise de la main de son propriétaire

Ce que l’assureur exclura#

  • L’affection déclarée elle-même, ses examens, ses traitements et ses consultations de suivi.
  • Ses récidives, même après plusieurs mois de rémission.
  • Ses complications, même lorsqu’elles touchent un autre organe.
  • Les affections de même nature, par exemple l’autre genou après une rupture de ligament croisé, ou l’autre hanche après une dysplasie.
  • Les affections connexes, comme les troubles rénaux consécutifs à un traitement au long cours.

Ce qui reste couvert, et ce n’est pas rien#

Un chien vit dix à quinze ans. Une affection connue à cinq ans ne l’immunise contre aucune autre. Le contrat conserve donc un intérêt réel sur tout le reste du champ médical.

Exemple concret : chien avec une dermatite atopique diagnostiquée
Événement futurPris en chargeCoût évité
Poussée de dermatite, consultations et traitementNon, exclusion0 euro
Ingestion d’un corps étranger, chirurgieOui, après carence900 à 2 000 euros
Rupture du ligament croisé, TPLOOui, après carence1 200 à 2 500 euros
Insuffisance cardiaque à dix ansOui, après carence500 à 1 500 euros par an
Tumeur cutanée sans lien avec la dermatiteEn principe oui, à vérifier500 à 1 500 euros
Fracture après une chuteOui, après carence accident800 à 2 000 euros

L’affection connue représente une ligne de dépense. Le contrat couvre toutes les autres, qui constituent la majorité des sinistres d’une vie de chien.

La grille de décision#

SituationNotre lectureAction
Affection bénigne et ponctuelle, déjà guérieL’exclusion sera limitée, voire absente après une période de guérisonSouscrire, en déclarant précisément
Affection chronique légère, chien jeuneL’exclusion cible un poste, le reste du champ médical est devant luiSouscrire
Affection chronique lourde, chien de moins de huit ansL’exclusion porte sur le poste principal, mais le risque résiduel reste élevéSouscrire après comparaison du périmètre exclu
Affection chronique lourde, chien de plus de dix ansL’essentiel des dépenses à venir sera excluÉpargne dédiée souvent plus rationnelle
Diagnostic en cours, résultat attenduSouscrire maintenant est risqué : tout ce qui sera découvert sera considéré comme antérieurAttendre le résultat, puis décider en connaissance de cause

Un cas mérite une attention particulière : le diagnostic en cours. Souscrire pendant qu’un examen est en attente expose à une exclusion large et à un soupçon de fausse déclaration. Il vaut mieux attendre le résultat et souscrire ensuite, en déclarant ce qui est établi.

Déclarer, toujours#

La tentation de taire une affection est compréhensible et perdante. L’assureur demandera le dossier médical au premier sinistre significatif, et le dossier date tout. Deux issues possibles, et la différence est considérable.

Vous avez déclaréVous n’avez pas déclaré
L’affection est exclue, le reste du contrat fonctionne normalement pendant toute sa duréeRisque de nullité du contrat au titre de l’article L113-8, cotisations perdues, indemnités déjà versées à rembourser
Vous connaissez précisément le périmètre de votre couvertureVous découvrez le refus au pire moment, sur une facture importante
Une levée d’exclusion reste possible après plusieurs années sans récidiveAucune régularisation possible après découverte

Négocier le périmètre de l’exclusion#

Une exclusion peut être large ou ciblée, et cela se discute au moment de la souscription.

  • Demandez la formulation exacte de l’exclusion avant de signer, et faites-la préciser si elle est trop générale. « Affections dermatologiques » n’est pas la même chose que « dermatite atopique et ses complications ».
  • Demandez une clause de réexamen après vingt-quatre mois sans récidive ni traitement, avec certificat vétérinaire à l’appui.
  • Proposez une franchise majorée ou une surprime en contrepartie d’un périmètre d’exclusion réduit. Certains assureurs l’acceptent.
  • Vérifiez que l’exclusion figure bien sur les conditions particulières et non seulement dans un courriel : une exclusion non formalisée est difficilement opposable, dans les deux sens.

L’alternative de l’épargne dédiée#

Pour un chien âgé dont la principale affection est exclue, la question mérite d’être posée franchement. Provisionner chaque mois la cotisation que vous auriez versée présente trois avantages : aucune carence, aucune exclusion, et la somme reste disponible pour n’importe quel usage. Elle présente un inconvénient majeur : elle ne protège pas contre un sinistre lourd survenant avant que le capital soit constitué.

Questions fréquentes#

Existe-t-il une assurance chien qui couvre les maladies préexistantes ?

Pas sur le marché français grand public. C’est une caractéristique structurelle de l’assurance : elle couvre un aléa futur, pas un état connu. Certains assureurs acceptent en revanche de réexaminer une exclusion après une longue période de guérison documentée.

Mon chien boite depuis une semaine, puis-je souscrire maintenant ?

Vous pouvez souscrire, mais la boiterie et ce qu’elle révélera seront exclus. Et si vous ne la déclarez pas alors que le questionnaire vous interroge sur l’état de santé, vous vous exposez à la nullité du contrat. Consultez d’abord, obtenez le diagnostic, puis souscrivez en déclarant.

Un changement d’assureur permet-il de repartir sans antécédents ?

Non, c’est l’inverse. Le nouvel assureur demandera l’historique et le relevé de remboursements du contrat précédent. Les affections déjà indemnisées apparaîtront et seront exclues. Un chien déjà soigné a presque toujours intérêt à conserver son contrat existant.

Combien de temps faut-il attendre pour qu’une affection ne soit plus un antécédent ?

Il n’existe aucune règle générale. Certains contrats prévoient un réexamen après vingt-quatre mois sans récidive ni traitement, d’autres maintiennent l’exclusion à vie. C’est une question à poser avant de signer, et à faire figurer par écrit sur les conditions particulières.